Accueil

 L'Éveil

 A Course in Miracles

 Michèle-Rose Wainhouse

 Bibliothèque

 Groupes d'étude

 Liens


dernière mise à jour :
1er février 2010

De quoi s'agit-il ?
Brève introduction à A Course in Miracles

Comme son nom l'indique A Course in Miracles est un livre structuré comme un cours (sur la nature des miracles) dont le programme comprend une partie théorique et une partie pratique. Il fut transmis par une voix intérieure à Helen Schucman, psychologue américaine, qui travaillait au Centre Médical de l'Université de Columbia à New York où William Thetford était directeur du département de Psychologie. Ils partageaient le même bureau, et pendant les sept premières années de leur collaboration, leur relation fut difficile et souvent conflictuelle.

Au printemps 1965, Helen et William devaient se rendre au Centre Médical de l'Université de Cornell où ils allaient participer à une réunion interdisciplinaire. Ce genre de réunion était bien souvent l'occasion de compétitions sournoises et de médisances avouées, tout à fait caractéristiques du milieu universitaire d'alors et auxquelles ils participaient eux aussi, étant tous deux d'esprit critique et portés aux jugements. Mais ce jour-là, William fit une chose inhabituelle pour lui : il tint à Helen un long discours passionné, dans lequel il expliquait qu'il en avait assez de laisser son impatience et sa colère dominer les rapports qu'il entretenait avec elle et ses collègues, et qu'il devait sûrement exister « une autre voie », une autre façon d'être, plus à l’écoute et plus aimante, qui lui permettrait d'accepter les autres plutôt que de s'en séparer par le jugement et le conflit. D'une façon tout aussi inattendue, Helen approuva son idée et lui offrit de l'aider à trouver cette voie.

Commença alors une période de trois mois environ pendant laquelle Helen prit conscience, soit en rêve soit en étant éveillée, d'une autre réalité. Ce fut une période qu'elle vécut très difficilement car, à cette époque de sa vie, – elle avait passé la cinquantaine – elle se disait athée et était très critique envers tout concept qu'elle jugeait vague ou ambiguë et qu'elle ne pouvait ni mesurer ni évaluer.

Malgré tout, et avec le soutien moral et les encouragements de William, Helen accepta d'être attentive à ses curieuses expériences psychiques et spirituelles et commença à les noter. La voix intérieure se faisant de plus en plus claire et insistante, elle se mit à dialoguer avec elle et à lui demander conseil sur des sujets divers concernant particulièrement son travail et sa relation avec William. Très vite, elle en vint à penser que la présence, qui s'exprimait par l'intermédiaire d’une voix intérieure qu'elle entendait en elle, était celle de Jésus. Puis, un soir, elle entendit la voix lui dire : « Ceci est un cours sur les miracles, prends note, s’il te plaît ». Elle fut prise de panique et téléphona à William pour avoir son opinion. Il lui suggéra de faire ce que la voix demandait et qu'ensemble ils évalueraient la situation le lendemain.

C'est ainsi que chaque matin, Helen arrivait au bureau avec son carnet de sténo et dictait à William les propos que sa voix intérieure lui avait transmis le soir précédent, pendant que William les tapait à la machine. Il fallut environ sept ans à Helen et William pour compléter les trois volumes qui constituent A Course in Miracles. Il fut publié dans sa version définitive en 1975 aux Etats-Unis par la Foundation for Inner Peace, composée alors de Helen et William, de Kenneth Wapnick et de Judy et Robert Skutch. La Foundation – sans Helen et William qui sont maintenant décédés – continue de publier le Cours et se charge de le faire traduire en de nombreuses langues. La traduction française officielle, publiée au Québec par les Editions du Roseau, paraissait à l’automne 2005. Les extraits cités ici proviennent toutefois de ma propre traduction.

Ces trois volumes sont composés d'un Text de six cents soixante sept pages, organisé en 31 chapitres, qui expose la théorie et les idées générales de son système de penser sur lequel sont basés les exercices pratiques du Workbook for Students. Celui-ci, de quatre cents cinquante pages, comprend 365 leçons, une pour chaque jour de l'année. Quant au Manual for Teachers, une centaine de pages, il répond aux questions qu'un étudiant pourrait se poser, auquel s’ajoute une Clarification of Terms d’une vingtaine de pages.

A Course in Miracles se caractérise par une approche peu commune de la non-dualité. Cette vue de la réalité est caractéristique de la doctrine de l'Advaita Vedenta dont le système de penser est, de toutes les philosophies indiennes, le plus largement connu. Ce Cours s'en différencie toutefois par son approche pédagogique et ses moyens d'application pratique.

Il se démarque en effet de cette doctrine traditionnelle et des autres systèmes philosophiques orientaux et occidentaux parce qu'il intègre les principes métaphysiques de la non-dualité aux découvertes freudiennes du mécanisme psychique égotique. Ce qui donne à l'élève des outils de réflexion et d'observation psychologique qui vont lui servir à examiner les effets de ses fantasmes et des croyances auxquelles il donne foi, fantasmes et croyances qui forment le substrat de l’expérience qu’il fait du monde qu’il perçoit et auquel il réagit. Ainsi apprend-il à rectifier les jugements et les ressentis conflictuels de ses propres contradictions, qui lui font percevoir un monde duel, jusqu'à ce qu'il fasse le choix conscient de la non-dualité qui lui apportera l'expérience de la paix. Comme ce Cours s'adresse à des esprits occidentaux dont les valeurs et les croyances sont sous influence judéo-chrétienne, cet enseignement rectifie le sens de la terminologie symbolique chrétienne qui leur fait confondre abstraction et anthropomorphisme ; la compréhension et les applications pratiques de cet enseignement en sont ainsi facilitées. Néanmoins, l'idée fondamentale que développent ces deux enseignements est la même : le monde est maya, le monde de la dualité est une illusion. Mais pour A Course in Miracles, seule l’unité de la Cause et de son Effet définit la réalité.

Les lois métaphysiques de la non-dualité fondent donc l'enseignement de ce Cours - dont les tenants sont d'ordre psychologique et les aboutissants d'ordre spirituel - et leur application ouvre la voie à ce processus d'identification à la vie de l'esprit plutôt qu'à celle du corps. Ces lois métaphysiques ne sont pas nouvelles : elles sont à l'origine des grands mouvements spirituels de tous les temps, qu'ils soient d'Orient ou d'Occident, et furent âprement discutées et argumentées particulièrement par les philosophes et théologiens chrétiens pendant des siècles. Ce qui distingue pourtant cet enseignement des préceptes chrétiens est l'affirmation sans compromis — et le « miracle » en offre la démonstration — que le monde de la forme n'est autre qu'une représentation rêvée par laquelle l'esprit de celui qui rêve se croit séparé de sa Cause.

La non-dualité pose comme prémisse que l'impossible séparation entre la Cause et son Effet rend nulle et non avenue la réalité du monde concret — l'univers physique — dans lequel tout est séparé, fragmenté, opposé et différent. Cette affirmation a donc pour conclusion logique que Dieu n'a pas créé un monde dualiste, changeant et périssable, ce qui fait que ce monde perçu est l'inverse du Royaume de Dieu dont l'Unité abstraite est Tout ce qui est. La Cause de Tout est Amour (Dieu) et son Effet (l'Esprit) est Son extension : ce qui en fait le modèle de la relation de cause à effet dont les deux termes sont un, c’est-à-dire qu'ils ne sont pas séparés ; ce qui signifie aussi que l'Amour est l'unique réalité. Il n'y a rien d'autre. C'est pourquoi ce monde concret, divisé et en perpétuel conflit ne peut être que rêvé – mais seulement par un fragment, une partie de l'esprit – par le rêveur qui, dans son fantasme, imagine s’être séparé du Tout et s'identifie aux personnages de son rêve. Et c'est bien parce que la fragmentation de l'Esprit, ou la séparation de sa Source, est une impossibilité que le rêveur est obligé de rêver une illusion de la réalité. Voulant se prouver que la séparation s'est bien produite, l'esprit du rêveur projette des images qui sont des représentations symboliques de ce qu'il veut croire, exactement comme un projecteur qui, par diffraction de la lumière, projette les images du film imaginé par le scénariste sur un écran vide. Le monde que perçoit le rêveur n'est pas plus réel que les images que regarde le spectateur assis dans son fauteuil. Mais comme lui, il y croit et oublie qu'il en est l'auteur ; il oublie surtout que ce n'est qu'un film, car il ressent de l'émotion et réagit à ce qu'il voit.

L'enseignement de A Course in Miracles utilise l'analogie du rêve parce que les formes du monde, qui sont imaginées par ce fragment d'esprit, ne sont pas plus réelles que celles rêvées pendant le sommeil quotidien. Ces formes rêvées la nuit laissent aussi une trace du ressenti et de l'émotion qu'elles ont suscités ; c'est ce qui fait que la situation qui est représentée dans le rêve semble si réelle. Le rêveur — quelle que soit la nature de son rêve — est alors prisonnier des effets de son rêve. Vishnu aussi rêvait le monde, alors qu'il dormait allongé sur les replis du serpent Ananta. Les enseignements védiques (du mot véda qui signifie savoir), comme ceux transmis plus tard par Bouddha, nomment ce qui est alors perçu : c'est maya, une illusion.



LE RETOUR A L'INTEMPOREL - Prolégomènes à l'enseignement rédempteur de A Course in Miracles - Extrait (voir le livre ci-contre)

cliquez ici pour la version à imprimer de cette page


mrwainhouse@yahoo.fr © 2003-2009. Tous droits réservés

Les idées avancées ici sont le résultat de son interprétation et de sa compréhension de l'enseignement
de A Course in Miracles® et ne sont pas nécessairement celles des tenants du copyright.



[ conception/programmation du site BJPcommunication.com ]