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dernière mise à jour :
13 août 2008

3. Pensée magique & substitution

« La Pensée de Dieu t'a créé. Elle ne t'a pas quitté, pas plus que tu n'en a été séparé un seul instant. Elle t'appartient ; par elle, tu vis. Elle est ta Source de vie et ne fait qu’un avec toi et tout est un avec toi parce qu'elle ne t'a pas quittée. La Pensée de Dieu te protège, prend soin de toi, adoucit ton lieu de repos et aplanit ton chemin ; elle éclaire ton esprit de lumière et d'amour. L'éternité et la vie éternelle brillent dans ton esprit parce que la Pensée de Dieu ne t'a jamais quitté et réside toujours en toi.» L.165

Afin que le monde qu’il désire lui apparaisse comme étant la réalité, le rêveur doit détourner la Pensée de Dieu en quelque chose qu’elle n’est pas. Ayant refusé d’être lui-même Pensée de Dieu, l’esprit du rêveur croit pouvoir déformer sa fonction : d’abstraite et immortelle, il va, par le pouvoir de sa croyance, la rendre concrète et mortelle. C’est cette croyance à une fausse réalité que A Course in Miracles qualifie de magique. En effet, puisque rien ne peut véritablement se substituer à la Pensée de Dieu, les effets concrets de ce « rien » ne peuvent qu’être le produit d’une illusion. C’est pourtant à cette illusion que le rêveur donne foi, car il attribue toute réalité à la matière qu’il perçoit en niant la capacité « fabricatrice » de son esprit et en attribuant un pouvoir « créateur » à la matière : la maladie et la mort du corps n‘en sont-elles pas la preuve absolue ?
« L'entière distorsion qui fabriqua la magie repose sur la croyance que la matière possède une capacité créatrice que l'esprit ne peut pas contrôler. » T. 2-IV

Qui peut prétendre ne pas attribuer une capacité créatrice et destructrice à son monde physique : bactéries, virus et autres processus biochimiques, dont le clonage est l’aboutissement logique ? Voilà ce que « fait » la pensée magique. Avant d’examiner ce qu’elle représente et quels en sont ses effets, voyons d’abord ce qu’elle tente de remplacer.

« Le principe spirituel est la Pensée de Dieu qu’Il créa pareille à Lui-Même. Le principe spirituel unifié est l’unique Fils de Dieu, c’est à dire le Christ. » C-1

On peut donc conclure que les expressions Pensée de Dieu, principe spirituel, Fils de Dieu et Christ sont synonymes et représentent ce qui est un et indivisible, semblable en cela à Dieu ou au Tout. Le Fils de Dieu, qui est Sa Création, est donc aussi Sa Pensée, principe spirituel dans sa totalité, capable de créer comme Lui par extension de Son Amour. Dans le processus de séparation, une partie de cette Pensée détourne sa fonction en imaginant, par un fantasme fou, qu’elle n’est pas l’Effet de sa Cause ou le Fils de son Père, mais qu’elle est le « Père », l’auteur de sa réalité. Aussi l’esprit du rêveur s’étant identifié à cette pensée détournée, est-il obligé de rêver, car ce détournement est impossible en réalité. Ce qui fait qu’il peut en déduire que le monde qu’il perçoit, quels qu’en soient les aspects heureux ou douloureux, a pour seul but de se substituer à ce que Dieu crée.

Pourtant, comme on l’a vu précédemment, ce que l’esprit du rêveur a choisi pour lui-même est loin de ressembler à ce que Dieu a voulu et veut toujours pour Son Fils. Il lui offrait l’unité et la simplicité, il a préféré la dualité et la complexité ; Il lui offrait l’éternité et la paix, il a choisi le temps, le conflit et la guerre meurtrière. Il lui offrait l’Amour et la Vie, il a préféré la haine, le meurtre et la mort… et cela uniquement dans le but de se singulariser, de se différencier ! Maintenant l’esprit du rêveur a peur, mais comme il a oublié son choix, il nie la « cause » de sa peur. Ce dont il est sûr, toutefois, c’est que le monde qu’il voit est menaçant, que son corps ne répond pas à ses souhaits exaltés, que l’échec de ses idéaux et de ses ambitions réduisent sa vie, par absence de sens, à une insoutenable médiocrité, que ses placements boursiers ne suffisent pas à vaincre sa peur de la mort – que par ailleurs il souhaite ardemment. C’est alors que la colère qu’il éprouve lui monte à la poitrine, lui fait mal et l’étouffe, de sorte qu’il cherche à en blâmer quelqu’un d’autre, le rendre responsable de ce qu’il ressent, et ainsi de s’en débarrasser.

« La réaction de colère à la perception de pensées magiques est la cause principale de la peur. Considère ce que signifie cette réaction et la place centrale qu’elle occupe dans le système de penser du monde deviendra évidente. Par sa seule présence, une pensée magique admet une séparation de Dieu. Elle énonce, dans la forme la plus claire possible, que l’esprit qui croit que sa volonté séparée peut s’opposer à la Volonté de Dieu croit aussi qu’il peut y réussir. Il est évident que cela ne peut être un fait. Pourtant, il est tout aussi évident de croire à cette pensée comme si elle était un fait. Et voici où la culpabilité prend naissance : celui qui usurpe la place de Dieu et se l’approprie a désormais un « ennemi » mortel. » M.17


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