La pratique

Bien que théorique par sa forme livresque, l’enseignement de
A Course in Miracles exige une pratique soutenue, car c’est par l’observance rigoureuse de ses principes face aux événements de sa vie que l’élève fera l’expérience qui le convaincra de ses bienfaits. D’ailleurs, cette pratique est proposée d’emblée sous forme de 365 leçons - une pour chaque jour de l’année.
Pour accomplir le but de cet enseignement qui est d’atteindre et de préserver l’état de paix, condition absolue qui permet à l’esprit de se souvenir de Dieu (T. 24-Intro), les moyens et leurs applications sont déclinés tout au long de ses pages selon une logique parfaite. Disons que le moyen principal consiste à apprendre à se connaître soi-même, afin que l’élève différencie son vrai Soi de son faux moi. Pour ce faire, les leçons vont enclencher un processus de dévoilement de son système de penser qui, au fur et à mesure que l’élève progresse dans son apprentissage, va lui révéler la construction artificielle – sa fabrication – qu’il appelle la réalité (qui n’est que haine) qui fait obstacle à la réalité (qui n’est qu’Amour) telle que Dieu l’a créée.
La première leçon, sans doute la plus difficile, propose une affirmation qui va tout droit au but : ce qui est vu (dans cette pièce, par cette fenêtre, dans ce lieu) n’a aucune signification, car, affirme la seconde leçon, c’est l’élève qui a donné à ces choses toute la signification qu’elles ont pour lui. Les exercices suivants démontent progressivement la construction factice et spécieuse de la perception de l’élève, perception qui ne repose que sur sa façon de penser erronée. Car ses pensées n’ont aucune signification : elles ne sont en rien différentes des choses qu’il voit, et si elles le perturbent, c’est parce qu’il leur a attribué une signification qu’elles n’ont pas (L. 3 à 6).
Ainsi apprend-il à faire un lien entre ses propres pensées et ce qu’il voit : or ce qu’il voit n’est qu’une trace qui est déjà passée. En fait, il ne voit pas le présent parce que son esprit est préoccupé par le passé (L.7 et 8). Si l’élève accepte que ses pensées sont sans signification, il aura fait un grand pas qui le conduira à reconnaître que percevoir un monde sans signification ne peut qu’engendrer la peur (L. 13). La bonne nouvelle, cependant, c’est que Dieu ne peut avoir créé un monde sans signification (L. 14). Cependant, l’élève ne perçoit toujours qu’une forme de vengeance (L. 22) : ce qui indique que son interprétation est fausse ; mais son erreur peut être rectifiée.
Petit à petit, l’élève est conduit en douceur à observer ce qu’il pense, à considérer à nouveau ce qu’il croit et pourquoi il le croit, puis, progressivement, à remettre certaines de ses croyances en cause ; à douter de ses interprétations hâtives qui classifient tout ce qui arrive en « bon » ou en « mauvais » ; à penser autrement aux choses qu’il perçoit. Chaque leçon réaffirme et soutient sa décision de « voir autrement », ce qui l’amène à reconsidérer ses pensées d’attaque et à y renoncer (L. 23). Car en voyant le monde et les autres autrement, en cessant de les attaquer et de les condamner par ses jugements, il apprendra à se percevoir lui-même de façon plus bienveillante.
S’il persévère dans cette voie de développement de son attention consciente, d’observation et de réflexion, il apprendra aussi qu’il ne sera plus jamais seul car il pourra compter sur l’aide de la Voix pour Dieu, Voix intérieure Qui le conseille et le guide, si toutefois il en fait la demande consciente : c’est la définition de l’Esprit Saint. Une seule condition pour l’entendre : faire taire la voix de l’ego. C’est justement cela que lui enseignera ce Cours.
Le texte théorique est au service de ce processus d‘apprentissage en développant l’intégration des lois métaphysiques et spirituelles qu’il explique et démontre. Mais surtout, sa lecture, bien que difficile pour beaucoup, oblige l’élève, par la concentration et la cohérence de la pensée qu’elle développe petit à petit, à s’identifier d’abord à son propre esprit, puis de plus en plus au pouvoir sans limite de l’esprit unifié (Soi), pour abandonner définitivement, parce qu’il y aura renoncé consciemment, son attachement à l’image rageuse et impuissante de son moi.
Pour résumer, disons que les applications pratiques de cet enseignement correctement compris ont pour conséquence d’amener l’élève qui le désire vraiment à s’identifier exclusivement à l’Esprit Un, à Soi, c’est-à-dire au Fils de Dieu, spirituellement uni à sa Cause.
Alors, se sachant
innocent, il sera
joyeux; son esprit n'étant plus divisé en lui-même, il sera
en paix ; sa perception unifiée le rendant à sa réalité, il sera
éveillé.
Présentation de l'enseignement de A Course in Miracles
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