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DE L’ENSEIGNEMENT DE A COURSE IN MIRACLES
Pédagogie du Connais-toi toi-même
Il n’est pas nécessaire d’attendre de souffrir pour faire face à ce que l’on n’avait pas voulu voir. Il n’est pas nécessaire que l’apprentissage de la vie soit douloureux : la vie est donnée pour que les fruits de l’amour rendent joyeux afin que cet état d’Être heureux et en paix soit un profit pour tous. Atteindre cet état suppose une attention consciente à ce que l’esprit croit, et passe par le complet pardon de l’idée haineuse qu’il se fait de lui-même et qu’il projette sur le monde ; c’est l’objectif principal de cet enseignement.
Les moyens pédagogiques du Cours vont entraîner l’élève à se connaître lui-même pour qu’il s’identifie à nouveau au Soi, à l’Être, l’unique réalité de l’Esprit, dont son esprit semble être un fragment séparé, et à réaliser dans ce monde la paix de l’esprit pour qu’il se souvienne de Dieu. Cependant, bien que se connaître soi-même semble être une affaire personnelle, cette intention est irréalisable si chacun reste seul dans son coin ; s’isoler dans sa bulle égotique n’est qu’une inutile perte de temps. C’est sans doute pourquoi cet enseignement, unique en cela, engage l’élève à reconsidérer ses relations particulières avec lesquelles il entretient des rapports de haine qu’il confond avec l’amour.
La perception des autres et du monde a beau être illusoire, elle n’en est pas moins vécue comme si elle était réelle par celui qui perçoit les effets projetés de ses croyances ; et celles-ci doivent finalement être reconnues, puis pardonnées, afin que l’esprit qui se croyait coupable retrouve sa paix. La croyance en la réalité de la culpabilité, ressentie au-dedans mais perçue au-dehors, fait que l’esprit de chacun ne peut que rêver de ses effets : jugements, controverses, conflits, guerres, attaques, meurtres, exclusion, mort : tous des formes du châtiment encouru par son sentiment de culpabilité, qui semblent justifier la haine de l’autre. Ainsi l’élève sera dirigé à apprendre à « aimer son voisin comme lui-même » – préalable aux conditions de l’unité – et ce n’est qu’en pardonnant à ses perceptions déformées puis en acceptant les dons d’amour de ce même « voisin » qu’il lui sera possible, un beau jour, de communiquer sa joie, de partager sa perception en voie de guérison et de « donner à tous » sa foi en l’unité de l’Être.
Le rêve de séparation
Pour que l’esprit divisé du rêveur puisse rêver son rêve de séparation, il doit en effet se convaincre de la réalité de son usurpation, ce qu’il fait en s’appropriant les trois attributs par lesquels il va affirmer son Je suis, Je sais, Je veux : fonction, valeur et pouvoir qu’il va faire interpréter par ce corps auquel il a associé son moi. En les attribuant à son corps, il peut faire la preuve que son projet de séparation n’est pas seulement une illusoire abstraction qui serait un fantasme de l’esprit, mais une réalité bien concrète. Et ces concrétions, qu’il peut voir, toucher et manipuler, constituent le monde qu’il perçoit dans ses multiples aspects, et son propre corps en est évidemment le centre. C’est pourquoi, dit le Cours, celui-ci est le symbole de l’ego : « Le corps est le symbole de l’ego, et l’ego est le symbole de la séparation » (ACIM, T. 15-IX), car le rêveur a investi en lui la quintessence de son projet de séparation qu’il perpétue ainsi. En effet, le mode opératoire de l’esprit divisé lui permet, par dissociation, de projeter à l’extérieur, sur ce corps qu’il nomme « moi », les trois attributs de Dieu ; ce qui fait de ce corps le seul coupable du péché d’usurpation.
En fait, la dissociation entre l’idée Je suis et l’image corporelle vient au secours d’un intenable paradoxe. Grâce à cette dissociation, entre son système de penser conscient que représente son image-moi et son système de penser inconscient que représente son Je suis, le rêveur oublie qu’il se croit l’auteur du monde et surtout de lui-même, c’est-à-dire l’usurpateur qui n’a d’autre but que de prendre la place du Créateur. Car son Je suis a pour objectif secret de faire du corps la proie de tout ce qu’il perçoit au dehors. La ruse est de déplacer la responsabilité de ses croyances de l’intérieur à l’extérieur, sur les autres et le monde, mais aussi sur son propre corps, ce qui fait de lui une victime innocente : victime de ses origines, des circonstances, des autres, du monde, des accidents, de la maladie, etc. De cela il est rarement conscient, mais sa dissociation inconsciente justifie sa haine et les attaques répétées envers son corps, car il ne doute pas un seul instant que ce corps tant haï, qui aurait usurpé la création de la vie, ne mérite que la mort.
Les jugements et la séparation
Il est rare d’être conscient du sens qui est donné réellement à nos jugements. En fait, les jugements sont le plus souvent pris pour de la sagesse, parce que chacun est certain, du moins en ce qui le concerne, que ses propres jugements expriment la vérité. Pourtant, chaque jugement prononcé à l’encontre de qui ou quoi que ce soit a un effet immédiat : dans l’esprit de celui qui juge, un jugement équivaut symboliquement à une condamnation à mort, bien que cette sentence reste le plus souvent inconsciente. En accusant « l’autre » et en le condamnant pour un péché qu’il croit réel, le rêveur espère échapper à sa propre responsabilité. Ainsi chaque jugement qu’il porte, et qui a pour effet de rejeter la faute sur l’autre, semble offrir un inestimable avantage. De plus, son jugement différencie celui qui juge, le singularise et le sépare de ce qui est perçu en lui garantissant le salut, car il a peur de la sentence pour lui-même. Si c’est l’autre qui est responsable, ce n’est plus lui qui sera puni. Ce n’est hélas qu’une illusion de salut car, en vérité, s’il ne se sent plus responsable, il se sent toujours coupable. Et il est improbable qu’il arrive – sans aide – à se débarrasser de son sentiment de culpabilité qui, en restant agissant, justifie la sentence qu’il s’applique à lui-même. Ainsi vit-il sa vie rêvée la peur au ventre.
Les tenants et aboutissants de ce mécanisme de séparation mettent en action, comme le feraient les trois cylindres d’un moteur, le système de penser de l’ego : péché, culpabilité, peur. Ils soutiennent et entretiennent la supposée réalité du monde perçu, qui n’est en réalité qu’un mauvais rêve. C’est du moins ce que l’étude de A Course in Miracles enseignera à qui veut bien accepter d’en regarder les effets. Mais il faut le reconnaître : ce ne sont pas des effets facilement acceptables. D’ailleurs, ils ne sont compréhensibles qu’à ceux pour qui l’idée d’un Dieu créateur d’un monde matériel et concret est insupportable, car : « Le monde tel que tu le perçois ne peut avoir été créé par le Père, car le monde n’est pas comme tu le vois. Dieu ne crée que l’éternel, or tout ce que tu vois est périssable. Il doit donc y avoir un autre monde que tu ne vois pas » (ACIM, T. 11-VII).
Usurpation
D’ailleurs, qui ne se croit pas être l’auteur de tout ? C’est ce qu’établit le moindre jugement. Alors comment communiquer, s’écouter, se comprendre, s’entendre, sans parler de s’aimer, si chaque rêveur veut que « sa » version du monde soit reconnue comme étant la vérité ? C’est pourtant ce que ses jugements établissent, c’est-à-dire qu’ils rendent vrai – seulement dans son propre esprit évidemment – le monde qu’il invente, puis projette sur la scène vide où il n’y a « rien ». Autrement dit, le rêveur se prend pour le créateur de la réalité. C’est cette usurpation qu’il considère comme un terrible péché, non dans le monde au-dehors qui, au contraire, semble encourager et valoriser les créateurs de choses éphémères, mais au-dedans, dans sa relation avec l’idée qu’il a de lui-même. Pour soulager sa culpabilité, dont il nie toutefois la cause en lui-même, il va expier ce péché d’usurpation en se rachetant continuellement par sa privation, son sacrifice, sa servitude, son exclusion et, finalement, par encore plus d’inconscience, l’oubli final, symbolisé par la mort – un oubli propice qui permet à l’esprit divisé de ne plus se souvenir qu’il se prenait pour l’auteur de l’univers.
Cette perception de lui-même, évidemment démente et dont le projet de démesure est largement inconscient, est la cause de tous ses malheurs, ses souffrances et ses peurs. Car comment ne pas avoir peur dans un monde où son interprétation de la réalité le conduit à de telles extrémités ? De surcroît, le rêveur imagine devoir défendre sa propre version du monde contre ceux qui veulent la même chose que lui. D’ailleurs, ne trouve-t-il pas « normal » d’entrer en conflit avec les uns, en compétition avec les autres et de rivaliser avec tout ? Ainsi sa vie lui apparaît-elle comme un champ de bataille où « l’ennemi », finalement, n’est autre que Dieu.
Dualité et système de penser de l’ego
Les preuves de la réalité de la dualité ne manquent pas à l’arsenal du système de penser de l’ego. La plus convaincante est celle qui présente, à la perception du rêveur, la preuve de sa « différence ». Car si tout était égal, tout serait un ; or, pour faire deux, il faut qu’ils soient différents. Cela aussi est une prémisse absolue. Et si vous en doutez, voyez comme ce principe vous est cher et comme vous y tenez ! Pour que cette illusion, pour que cette fausse perception de séparation soit maintenue, il faut que ces opposés soient en conflit afin que chacun lutte pour se déterminer en fonction de ce (faux) choix. Il faut qu’il y ait des bons et des méchants, des fautifs et des innocents, des riches et des pauvres, des victimes et des tyrans, le Nord et le Sud, l’Est et l’Ouest, des chanceux et des malchanceux, du mieux et du moins bien. Il faut qu’il y ait souffrance et plaisir, conflit et paix – une paix qui n’est alors que la gestion du conflit, qui, lui, est permanent. Il faut qu’il y ait le « pour et le contre », le Bien et le Mal. Autrement, comment le rêveur pourrait-il préserver si jalousement l’illusion de la vie et de la mort, l’identification au corps et à ses besoins, ses privilèges personnels et ses relations particulières ? Comment pourrait-il perpétuer sa boulimie de consommation en faisant semblant d’ignorer ce qu’il croit : que la culpabilité se paye par l’esclavage des autres et de soi ? C’est cela que le système de penser de l’ego laisse habilement dans l’ombre. Pour préserver ses illusions préférées, le rêveur qui endosse ce système de penser choisit de sacrifier l’amour, la paix, le bonheur, son existence même ; il choisit de se priver plutôt que d’accepter l’abondance du Royaume, l’héritage naturel de l’esprit non divisé. Qui, à chaque instant, ne lutte pas contre ce qui semble s’opposer, tout en se faisant croire qu’il est sincère dans sa recherche de paix ?
« Le détour dans la peur »
S’étant dissocié d’une partie de ses croyances, le rêveur, en acceptant le témoignage de ses sens, s’identifie à son corps et voit, hors de lui-même, des formes animées qui lui semblent séparées et autonomes, apparemment étrangères à ce qu’il croit être. Ce sont ces représentations symboliques qu’il prend pour la réalité à laquelle il a choisi d’attribuer toute valeur. Car non seulement il pense être séparé du monde et des autres par ces différences, mais il se prend pour leur victime et les accuse de tyrannie. En fait, il leur fait jouer ce qu’il croit de lui-même alors qu’il n’en est pas conscient. La peur étant le carburant de son rêve, il cherche à former des alliances avec certains pour se protéger et se garantir, comme on le verra plus loin, un « havre de paix ». Mais, dans ce rêve de peur, il ne peut éviter de devenir un jour ou l’autre la victime de l’omniprésence de l’autre, de son omniscience et de son omnipotence, attributs qu’il a projetés sur l’autre parce qu’il les a niés en lui-même. C’est pourquoi les conditions infernales de son rêve le conduisent constamment à marchander afin d’égaliser les forces entre ce qu’il n’est pas et ce qu’il désire être, entre ce qu’il n’a pas et ce qu’il désire avoir.
Le marchandage est un mécanisme basique du système de croyances égotiques, résultat de la croyance de départ qui postule que, pour exister, Je suis doit avoir. Car l’affirmation Je suis, qui a séparé l’esprit du Tout originel, ne lui a apporté aucune certitude. En fait, le rêveur doute de son existence même et cherche par tous les moyens à se prouver, et à prouver à tout ce qu’il a projeté, que son Je suis a bien, comme son ego le lui promet, fonction, valeur et pouvoir. L’absence de certitude étant le premier effet de la dualité, il ne peut faire autrement que d’en douter puisque, ayant aussi projeté hors de sa conscience ces trois attributs sur les autres et le monde, il s’en croit dépourvu.
La projection
Le sens du mot dépasse de loin la signification psychologique habituelle. Pour le cours, la signification du mot projection est littérale : l’esprit divisé projette les images du monde, du corps et de toutes choses, comme une caméra qui projette des images sur un écran ; ces images sont des représentations symboliques d’idées, de pensées ou de croyances qui sont dans l’esprit divisé du rêveur. C’est pourquoi les textes du cours affirment que le rêveur fabrique son monde. Pour comprendre l’apparence matérielle de ces images, prenons l’exemple de la mécanique quantique qui postule que ce qui est observé ou mesuré est affecté (ou transformé) par l’esprit de l’observateur qui le mesure. Le « phénomène de création et d’annihilation » établit que de nouvelles particules apparaissent, causées par le mouvement que font deux protons entrant en collision. Ce faisant, « du mouvement s’est transformé en matière », c’est la « transformation d’une propriété d’objet en objet » (Étienne Klein). L’énergie est devenue matière. En traduisant ce postulat dans un langage moins abstrait on obtient ceci : l’image d’une chose donnée provient d’une idée de cette chose (sa cause), idée qui inclut sa propriété (son effet). Si on transpose ce principe dans le langage de A Course in Miracles on obtient ceci : lorsque l’idée-cause est refusée, elle est projetée et sa propriété-effet apparaît comme un objet concret, apparemment indépendant et séparé de sa cause. Cette « transformation » s’effectue par le mouvement, i. e. la projection de la pensée. Ainsi peut-on comprendre que l’esprit du rêveur, qui manipule constamment des idées, fabrique ou transforme, par projection, les propriétés d’objets en formes matérielles auxquelles il attribue une fonction qu’il perçoit comme étant en dehors ou séparée de lui. Platon aussi pensait que les idées étaient à l’origine des formes.
La perception
Ce qui est vu, apparemment au-dehors sur la scène du monde, comme étant séparé de soi-même ; une multitude de formes séparées les unes des autres, amies et ennemies, désirables et dangereuses.
« La projection fabrique la perception. Le monde que tu vois n’est autre que ce que tu y as mis, pas plus que ça. Mais bien qu’il ne soit pas plus que ça, il n’est pas moins que ça. Par conséquent, il est important pour toi. Il est le témoin de ton état d’esprit, l’image extérieure d’une condition intérieure. Tel un homme pense, tel il perçoit. Par conséquent, ne cherche pas à changer le monde, mais choisis de changer ta façon de penser au monde. La perception est un résultat et non une cause, et c’est pour cela que l’idée de degrés de difficulté dans les miracles n’a aucun sens. Tout ce qui est regardé avec vision est guéri et saint. Tout ce qui est perçu sans vision ne signifie rien. Et là où il n’y a pas de sens il y a le chaos. » (ACIM, T. 21-Intro)
« Le monde que tu vois est une illusion de monde. Dieu ne l’a pas créé car Il ne peut créer que ce qui est éternel comme Lui-Même. Il n’y a donc rien dans le monde que tu vois qui durera pour toujours. Certaine choses dureront dans le temps un peu plus longtemps que d’autres, mais le temps viendra où toutes les choses visibles prendront fin.
Les yeux du corps ne sont donc pas un moyen par lequel le monde peut être vu, car les illusions qu’ils contemplent ne peuvent que conduire à une plus grande illusion de la réalité. Et c’est ce qu’ils font. Et tout ce qu’ils voient non seulement ne dure pas mais se prête aux pensées de péché et de culpabilité. Alors que tout ce que Dieu a créé est pour toujours sans péché et donc pour toujours sans culpabilité. » (ACIM, C-4, 1, 2)
La cause et l’effet
Le rêve de l’esprit divisé semble se produire parce qu’un fragment d’esprit se prend pour la cause, auteur et créateur de lui-même, usurpant ainsi la Cause de sa création. Toute cause produit un effet, et cause et effet ne sont pas séparés.
Pourtant, le rêve de peur est entièrement construit sur la séparation entre la cause et l’effet, car ainsi l’esprit du rêveur peut croire que l’effet est la cause. Le système de penser de l’ego fait croire au rêveur que ses croyances ne sont causes de rien en lui, mais que le péché qu’il perçoit au-dehors (l’effet) est cause de sa souffrance. Ainsi peut-il juger et condamner la faute d’un autre, alors qu’il pense, lui, n’être en rien responsable de sa croyance au péché. C’est par ce moyen fort habile que le rêveur croit qu’il s’est débarrassé de sa culpabilité.
La réalité
L’illusion tente de s’opposer à la réalité de l’unité ; c’est pourtant une impossibilité, car il n’y a rien de réel hors l’unité, sauf dans l’esprit malade du rêveur qui croit qu’il peut faire sa volonté tout seul en instaurant la division.
« Il est possible que tu sois surpris d’apprendre à quel point la réalité est différente de ce que tu vois. Tu ne te rends pas compte de la vastitude de cette seule erreur. Elle fut si vaste et si totalement incroyable, que seul pouvait en émerger un monde de totale irréalité. Quoi d’autre pouvait en résulter ? En commençant à les regarder, ces aspects fragmentés sont déjà bien effrayants. Mais rien de ce que tu as vu n’a encore pu te montrer l’énormité de l’erreur originelle qui semble t’avoir chassé du Ciel en fracassant la connaissance en petites particules désunies de perceptions sans signification, t’obligeant à faire de nouvelles substitutions.
Ce fut la première projection de l’erreur au-dehors. Le monde apparu pour la dissimuler et, en devenant l’écran sur lequel elle fut projetée, il se dresse entre toi et la vérité. Car la vérité s’étend au-dedans, où l’idée de perte ne signifie rien et où seul l’accroissement est concevable. Penses-tu réellement que ce soit si étrange que par cette projection de l’erreur apparaisse un monde dans lequel tout est à rebours et inversé ? C’est inévitable. Face à cela, la vérité ne peut que rester au calme dedans et ne prendre aucune part du tout à la folle projection par laquelle ce monde fut fabriqué. Ne la nomme pas péché mais folie, car c’est ce qu’elle fut et est encore. Ne l’investis pas de culpabilité, car la culpabilité suppose qu’elle se soit produite en réalité. Et, surtout, n’en aie pas peur. » (ACIM, T. 18-I, 5, 6)
Filialité - Fils de Dieu
La Filialité est la somme des Fils apparemment séparés. C’est un mot qui rectifie la croyance en la fragmentation de l’esprit en parties séparés qui se trouveraient chacune enfermée dans des crânes et des corps individuels. En vérité, Dieu n’a qu’un seul Fils. Ce qui est compréhensible, dès que l’on admet que le Fils n’est pas un corps particulier, mais l’Esprit, l’Effet de sa Cause, entièrement unit à son Père, sa Source. Dans la pratique de l’enseignement, l’apprenant, en lisant les textes, devrait comprendre que ce terme s’applique à la partie de son esprit qui désire guérir en choisissant d’apprendre ces leçons.
« Le Fils de Dieu est sans ego. Que pourrait-Il connaître de la folie et de la mort de Dieu alors qu’Il réside en Lui ? Que pourrait-Il connaître de l’affliction et de la souffrance alors qu’Il vit dans la joie éternelle ? Que pourrait-Il connaître de la peur et du châtiment, du péché et de la culpabilité, de la haine et de l’attaque alors que tout ce qui l’entoure est la paix éternelle qui sera pour toujours sans conflit et sans perturbation dans le plus profond silence et la tranquillité ? (ACIM, E. 12, 3)
Miracle
Dans le monde rêvé de l’esprit divisé, le terme « miracle » connote un prodige, un « fait » extraordinaire et mystérieux, mais reconnaissable par sa forme, occasionné par une intervention divine ou en tout cas surnaturelle. Depuis l’ère chrétienne, le modèle du miracle, tel que les auteurs des quatre Evangiles synoptiques en relatent les manifestations, est attribué à Jésus de Nazareth. Par ce qu’ils en décrivent, ces miracles apparaissent comme d’évidentes transformations physiques, dues à une intervention surnaturelle ou divine. Ces quatre évangiles furent particulièrement sélectionnés parmi d’autres, alors que l’Église du IVe siècle voulait prouver l’origine divine – et unique – de la corporalité du Fils de Dieu et que ces textes abondaient dans ce sens. Quelle meilleure preuve en effet de sa divinité personnelle, et unique, que de lui attribuer cette capacité à « faire » des miracles sur des corps morts qu’il ramenait à la vie ?
Depuis 2000 ans, et après maintes manifestations diverses (guérisons physiques, apparitions entre autres, mais aucune résurrection) apparentées aux miracles, le terme s’est peu à peu vulgarisé et son sens a changé. C’est avec ironie et dérision et même un certain mépris que ce mot est généralement accueilli par le système de penser égotique du rêveur, du moins lorsqu’il n’est pas utilisé dans son acception chrétienne par les adeptes de ces textes évangéliques. Dans A Course in Miracles, le sens des mots péché, pardon, Rachat, on l’a vu plus haut, sont redéfinis autrement. Et il en est de même du sens du mot miracle, comme de celui de l’image de Jésus.
« Un miracle est une rectification. Il ne crée ni ne change réellement quoi que ce soit. Il ne fait que considérer la dévastation et rappelle à l’esprit que ce qu’il voit est faux. Il annule l’erreur mais ne tente pas de dépasser la perception, ni d’excéder la fonction du pardon. Il reste ainsi dans les limites du temps. Toutefois, il pave le chemin au retour de l’intemporel et au réveil de l’amour, car la peur ne peut que s’évanouir devant le remède bienveillant qu’il apporte. » (ACIM, W-13)
« Le miracle pardonne, l’ego damne. Ils n’ont besoin d’aucune autre définition que celle-ci. Une définition pourrait-elle être plus fondée ou plus appropriée à ce qu’est le salut ? Le problème et la réponse se trouvent ici ensemble et, s’étant enfin rencontrés, le choix devient évident. Qui choisirait l’enfer lorsqu’il l’a reconnu ? Et qui ne voudrait avancer encore un peu, lorsqu’il lui est donné de comprendre que le chemin est court et que le Ciel est son but ? » (ACIM, C-2)
LES MOTS MÉDECINS
LEXIQUE à l’usage des étudiants de A Course in Miracles
Les mots que nous utilisons nous servent à définir le monde rêvé par chacun, à le structurer, à le faire «vrai» car, en nommant chaque chose et chaque corps séparément, nous les classifions selon un ordre de valeur et leur donnons une signification à laquelle nous accordons notre foi.
Les mots ne décrivent pas la réalité: ils font partie du rêve et sont le vecteur symbolique des croyances du rêveur; ce qui signifie que les différentes significations qu’il donne aux noms et aux mots définissent de quoi son rêve est fait. Suivre ce cours signifie donc que l’étudiant de Un Cours en Miracles, au fur et à mesure qu’il avance dans le programme, apprend à donner un autre sens aux mots qu’il utilisait avant – et donc à tout ce qu’il perçoit.
Certes, ce sens rectifié est lui aussi symbolique, mais il va lui enseigner que le monde qu’il accablait et jugeait avec ses mots de peur et de haine, et qu’il percevait donc ainsi, peut être délivré par des mots d’amour et de paix afin qu’il perçoive un autre monde, le «monde réel», un monde pardonné de toutes les erreurs qu’il avait projetées sur lui. Il apprend en même temps à changer l’image de lui-même, qu’il avait fabriquée dans l’arrogance et la petitesse, en ce qu’il est réellement.
Voici quelques exemples de mots auxquels A Course in Miracles (Un Cours en Miracles) donne un autre sens:
• Amour
L’Amour de Dieu étant la mesure de tout ce qui est, le véritable sens de ce mot n’est pas compréhensible au rêveur qui, par définition, a oublié Dieu après l’avoir renié. Ainsi, la signification que chacun donne au mot amour est totalement erronée car il le pense et le projette avec son système de penser égotique. Pour le système de penser de l’ego, l’amour est l’opposé de la peur. Mais en réalité, l’Amour de Dieu n’a pas d’opposé et n’est pas particulier : il inclut tout. Il est Un et ne peut être divisé.
C’est pourquoi le système de penser du rêveur est incapable de comprendre la signification de l’amour. L’élève de ce Cours peut seulement apprendre à définir ce qu’il n’est pas.
Toute la didactique de ce Cours est centrée sur l’obstacle principal qu’interpose le rêveur entre lui et l’amour : son état-particulier, auquel il tient plus qu’à la vie et qu’il défend au prix de la haine et de la peur. Sa croyance que l’amour est à l’extérieur fait qu’il vit dans un état de manque douloureux, car étant incapable de l’étendre aux autres, il ne peut comprendre que sa Source est en lui.
Le mot Amour (Celui de Dieu) est donc au cœur même de cet enseignement, mais c’est le seul mot qui ne soit pas symbolique ; en Lui-Même il n’a donc besoin d’aucune rectification, car c’est le mot qui définit ce qu’est Dieu. C’est aussi le mot qui qualifie Son Fils et désigne l’état du Royaume. Pourtant, le fragment d’esprit auquel le rêveur est identifié fait partie de ce Tout aimant – qu’il le veuille ou non – car, en réalité Il est déjà la totalité du Royaume, Il est déjà ce Fils, il est le Soi, il est Un. Mais dans son état oublieux, c’est de cela qu’il pourra se souvenir en apprenant les leçons de ce Cours.
• amour-haine
Trouver «le grand amour» est, pour le rêveur, le moteur de son scénario, car, par définition, il s’en croit toujours privé. Et pour cause: il ne le cherche pas là où il est ! Croyant que l’amour est hors de lui, il le recherche dans des corps qu’il sélectionne (et collectionne) mais il ne rencontre que les limites de la petitesse qui font que ces substituts ne peuvent le satisfaire. Puis un jour il s’aperçoit que l’amour, qu’il pensait avoir trouvé sous la forme d’un partenaire particulier qui, espérait-il, pourrait le sauver de la mort, ne le protège plus contre sa peur. Dès lors, ce qu’il appelait «amour» montre son vrai visage: il n’était que haine déguisée : mensonge, accusation, vengeance, meurtre.
Le rêveur s’adapte donc à son perpétuel manque d’amour en essayant de fragmenter son expression en différentes sortes: amour familial, amour fraternel, amour amical, amour filial, amour conjugal, amour passionnel, espérant ainsi combler son vide existentiel avec des formes dont il est supposé se contenter; mais il n’a toujours pas trouvé le «grand amour» car il ne sait pas ce que c’est.
• apprendre – apprentissage/désapprentissage – apprenant – apprenti heureux
Les termes étude et apprentissage signifient, dans le langage courant, deux approches différentes de l’enseignement: le mot étude signifie plutôt que le rêveur utilise ses aptitudes intellectuelles dans l’objectif d’acquérir des savoirs dont le champ d’application reste du domaine abstrait. Tout en usant des mêmes aptitudes intellectuelles, le mot apprentissage induit qu’à l’étude s’ajoutent des applications pratiques qui relèvent du domaine de l’expérience concrète ; or l’étudiant de ce cours vit encore dans un univers matériel et il croit au concret; il a donc besoin d’un apprentissages spécifique qui lui permettra d’expérimenter les leçons de ce cours très concrètement dans sa vie quotidienne. C’est d’ailleurs le vaste champ des applications pratiques qui fait que cet enseignement est unique en son genre. Le corps du rêveur et sa perception du monde – mis au service de l’Esprit Saint – deviennent donc son principal moyen d’apprendre l’inverse de ce qu’il s’était appris lui-même.
• attaque – attaquer
L’attaque est le principal mode opératoire du système de penser du rêveur fondé sur la séparation. La pensée d’attaque est l’agent actif de l’esprit divisé qui l’utilise pour affirmer son rejet et son déni de l’Amour de Dieu. La première attaque fut la séparation, qui en reste l’objectif de tous les scénarios rêvés. L’esprit étant un en vérité il ne peut s’attaquer lui-même, ainsi «l’attaque est toujours physique», c’est pourquoi le rêveur s’identifie à son corps. Attaquer est le meilleur moyen de défense contre l’unité spirituelle du Fils de Dieu. L’attaque, étant niée en soi-même, est projetée au-dehors, puis perçue comme étant le fait d’un autre. Selon l’ego, et pour le justifier, le meilleur moyen de défense est d’attaquer en premier. Attaquer sert donc à obtenir ce que le rêveur désire ou ce dont il estime manquer.
• autonomie-dépendance
«Droit pour l’individu de déterminer librement les règles auxquelles il se soumet» dit le dictionnaire Le Petit Robert. C’est bien cette détermination à être ce qu’il veut, quand il veut, où il veut, et de ne se soumettre à rien d’autre qu’à ses propres lois qui caractérise le projet égotique auquel chaque rêveur souscrit.
• bénédiction – bénir
Le mot provient de la racine «bien». Bénir, ce serait donc vouloir du bien à ce qui est l’objet de la bénédiction, alors que l’esprit séparé juge plutôt qu’il ne bénit. L’aptitude à bénir vient du ressenti d’abondance intérieure et non du sentiment de pénurie.
• Cause et Effet
Mots synonymes de Père-Fils, car tout comme l’Effet ne peut être séparé de sa Cause, le Fils ne peut être séparé de son Père. Le Fils est l’extension de son Père et en cela leur Volonté est une ; cette unité est le Royaume. Il n’y a rien d’autre.
• Christ
Le Christ est la Pensée d’Amour de Son Père – ce que nous sommes en réalité. Il n’est ni un corps ni une personne: «Il est la Pensée Qui réside toujours dans l’Esprit qui est Sa Source».
• Ciel
Le Ciel n’est ni un lieu ni une condition extérieure, mais un état de l’esprit intérieur, «l’attention consciente du parfait état-un et la compréhension qu’il n’y a rien d’autre», un état sur lequel l’apprenant du Cours peut se reposer car il a accepté de guérir sa croyance en la séparation. Il est le lieu symbolique de l’autel intérieur d’où la dévotion à Dieu prend sa source. Le Ciel est l’antichambre du Royaume de Dieu où réside le Soi. La paix, la joie et la complétude y sont chez elles dans la certitude de l’Amour de Dieu.
• communication – communiquer – langage
Il n’y a de véritable communication qu’à l’intérieur de l’esprit-Un pour lequel les mots et le langage ne sont d’aucune utilité, car ils reposent sur la séparation: seul l’Amour s’étend et se communique à Lui-Même. La communication verbale, telle que le rêveur l’entend, fait partie de son système de défense et l’attaque est son but. C’est pourquoi il a besoin du corps. Ce que le rêveur appelle «communiquer» n’est en fait qu’une manipulation dont l’intention est d’influencer l’interlocuteur pour qu’il pense ou agisse comme le veut le rêveur, car celui-ci pense qu’il a toujours raison. Cependant, afin de guérir son esprit, le rêveur peut confier sa communication à l’Esprit Saint qui utilisera le corps autrement.
• conscient-inconscient
Ces deux termes, témoins de la division de l’esprit, sont utilisés pour désigner les modalités du système de penser de l’ego. L’inconscient, que l’on pourrait définir comme la boite à oubli qui permet au rêveur de nier que ses croyances sont causes d’effets dont il ne désire pas être responsable, mais dont il désire qu’ils soient eux-mêmes causes de ses problèmes, et le conscient, domaine des pensées qu’il laisse filtrer à son attention consciente. On pourrait résumer l’apprentissage de ce cours au fait que les processus de réflexion qu’il suscite entraînent l’étudiant à révéler à sa conscience consciente ce qu’il cache dans son inconscient dans le but de libérer l’esprit de son emprisonnement et qu’il se reconnecte dans sa totalité à sa Source.
• corps
Symbole de ce croit être le rêveur; il est le symbole de l’ego. Une «barrière que le Fils de Dieu imagine avoir construite pour séparer les parties de son Soi des autres parties pour se protéger de l’amour». Dans le rêve, le rêveur cherche à prouver, en faisant la preuve inverse, que son corps est plus puissant que son esprit grâce à l’autonomie qu’il semble avoir. Mais un jour il découvre qu’il est seul et vulnérable, qu’il juge et condamne certes, mais qu’il subit néanmoins l’attaque du temps, de la maladie, qu’il souffre et meurt à la fin de sa petite vie. Pourtant, il se trompe: le corps est neutre, car c’est l’esprit qui le dirige et fait ce que celui-ci demande; compris dans ce sens, le corps devient un moyen d’apprentissage à condition que le rêveur confie la direction de son esprit à l’Esprit Saint.
• croyances – système de croyances
Dans l’esprit divisé, les croyances ont pris la place de la connaissance, qui a été refusée lorsque le projet d’usurpation divisa en multiples fragments une partie de l’esprit; et la séparation apparut réelle. Ces croyances sont maintenues cachées dans l’inconscient et semblent surgir sur la scène du monde sous formes d’images symboliques que le rêveur ne reconnait pas comme représentantes des croyances auxquelles il donne foi. Comme les croyances ont tout le pouvoir de l’esprit (même divisé) leur donne, puis comme il pense et agit selon leurs diktats, leurs effets projetés paraissent réels et séparés du penseur ; ces effets sont ce que le cours nomme «fabrications».
• culpabilité
État psychologique fondé sur la croyance au péché, qui ne se produit que dans le rêve de peur de l’esprit qui se croit séparé et croit avoir attaqué Dieu. La culpabilité est éprouvée par celui qui croit ce péché réel et le considère impardonnable. La triade, péché, culpabilité, peur, est donc le fondement du rêve, qui en fait plutôt un cauchemar qu’un rêve heureux. Pour échapper à l’insupportable diktat de sa propre croyance, l’esprit du rêveur projette la responsabilité du péché sur les autres et le monde et les accuse d’en être coupables. Toutefois, en voyant la culpabilité au-dehors, et la faisant vraie en la justifiant, il ne peut que renforcer la croyance dans son propre esprit.
• décision
Décider, c’est juger en vue d’une action, et ainsi, se prendre pour la cause de ce qui arrive. Décider sous les conseils de l’ego est donc source de culpabilité, car ces décisions sont toujours des formes d’attaque. Décider avec l’Esprit Saint, ou mieux laisser l’Esprit Saint décider, n’induit aucune culpabilité.
• défaire – annuler
L’ego fabrique des illusions et l’Esprit Saint défait ce qu’il a fait ; Il annule les erreurs auxquelles croyait le rêveur. Mais l’Esprit Saint ne peut rien défaire à moins que le rêveur ne le Lui demande, car son esprit est libre et c’est lui qui doit choisir de se libérer et de se Racheter.
• état-Un – état-particulier
L’État-Un est l’état réel de l’Esprit qui n’est aucunement fragmenté; ne pas confondre unité avec uniformité. Cet état-un de l’esprit semble se diviser par le désir d’usurpation qui produit le rêve de peur par lequel le rêveur croit «vivre» sa vie séparée: l’état-particulier est alors sa perception de lui-même comme étant un individu séparé dont son corps fait la preuve. La pluralité et la complexité, que lui offre le monde qu’il choisit de percevoir dans son rêve, semblent lui procurer ce qu’il désire et, bien que la souffrance et la mort en soient la finalité, il continue de rechercher les «avantages» de la séparation.
• ego
Mot latin qui signifie «moi», représentant le corps physique et psychologique auquel l’esprit divisé du rêveur s’identifie exclusivement. Le cours donne au mot un sens élargi: non seulement le mot ego désigne le moi psychologique et le corps physique, mais aussi le système de penser divisé par lequel le rêveur projette son monde rêvé. L’esprit Saint offre un autre système de penser auquel l’élève de ce Cours peut apprendre à s’identifier et ainsi guérir sa perception en donnant aux mots qui constituent le système de penser de l’ego une autre signification.
L’ego est la pensée Je suis, Je sais, Je veux; ces trois assertions définissent le «moi» et établissent les bases de son système de penser sur des croyances qui n’ont aucun fondement réel. «Plus tu en apprendras sur l’ego, plus tu te rendras compte qu’on ne peut pas y croire. L’incroyable ne peut être compris parce qu’on ne peut y croire.»
• erreur
Le rêveur qui ne voit que la forme et ignore le contenu, ne perçoit que des péchés qu’il juge impardonnables parce qu’il les croit réels et vrais. Il doit donc apprendre qu’il n’y a pas de péché, seulement des erreurs qui peuvent être rectifiées avec l’aide de l’Esprit Saint. Sa première erreur est de croire qu’il n’est pas responsable de ce qu’il voit, de ce qu’il a projeté, et de tout ce qui lui arrive. Reconnaitre qu’il s’est trompé le mettra sur la voie de la rectification de toutes ses erreurs.
• esprit – esprit séparé – esprit divisé
La nature de l’esprit est l’abstraction sans division ni séparation. Mais lorsqu’il se divise, l’esprit ne peut que rêver de ce qui n’existe pas : un monde séparé en fragments antagonistes qui semblent le menacer. Ce qu’il perçoit alors lui montre ce qu’il souhaite voir.
• Esprit Saint
Dans le langage du Cours, l’Esprit Saint est la partie non séparée de l’esprit de chacun. Il représente la réponse à la perception de séparation en nous apportant Son plan de Rachat. Dans le rêve, en tant que Guide ou Voix pour Dieu, Il est le recours personnel de chacun.
• être – Être
Le rêveur n’est pas conscient de son Être, qu’il a renié en choisissant de s’identifier à un moi particulier dont il défend l’existence particulière et limitée. L’Être est éternel, immuable : c’est le Soi.
• folie – démence
État de l’esprit séparé (divisé) qui rêve un cauchemar que le rêveur appelle «sa» vie. Une des caractéristiques de cet état fait que l’esprit divisé ne peut que reproduire son principe constitutif: l’esprit nie une partie de ce qu’il croit et s’en dissocie. L’état de schizophrénie qui en résulte fait que les deux parties de son esprit sont en conflit, mais ce conflit interne n’étant pas supportable, il est projeté au-dehors, où il est perçu sur la scène du monde. La démence stipule que la courte vie du corps, sa solitude, sa vulnérabilité, sa souffrance ne semblent réelles que parce que le rêveur s’en croit l’auteur.
• forme et contenu
On dit aussi plus couramment la forme et le fond, l’un étant l’opposé de l’autre. Le contenu, le fond c’est la substance invisible, c’est ce qui fait sens, la forme n’étant que l’emballage visible. Dans le monde du rêve, l’esprit divisé ne s’attache qu’à la forme qu’il perçoit et la confond avec le contenu, qu’il ignore généralement là encore, il sépare et oppose.
• identité
«Caractère de ce qui est un» dit le dictionnaire; de ce qui est identique en lui-même. Le rêveur s’identifie à l’image qu’il a fabriquée, image de «son» moi à la ressemblance de son «père», l’ego, et qu’il croit différent de celui des autres qu’il perçoit. Ce que semble prouver son corps auquel il est donc identifié. Son identité est fondée sur son état-particulier, qui le distingue et le singularise des autres en lui offrant une apparente volonté séparée et une autonomie tout aussi imaginée.
• illusion-réalité
«Erreur de perception causée par une fausse apparence» affirme Le Petit Robert. Une fausse apparence est en effet une illusion d’optique, ce qui est précisément la définition que donne le Cours à ce mot. Le contenu du rêve de chacun n’étant pas la vérité, il peut se réveiller de son rêve en cessant d’avoir peur des illusions qu’il produit: c’est le but du miracle. L’illusion tente de s’opposer à la réalité de l’unité; c’est pourtant une impossibilité, car il n’y a rien de réel hors de l’unité, sauf dans l’esprit malade du rêveur qui croit qu’il peut faire sa volonté tout seul en instaurant la division.
• paix de Dieu
La paix de Dieu est l’objectif d’apprentissage de Un Cours en Miracles, et c’est avec ces mots que commence le Texte :
«Ce cours peut donc être résumé très simplement de cette façon :
Rien de réel ne peut être menacé.
Rien d’irréel n’existe.
En cela repose la paix de Dieu.» Intro, 2
• pardon – pardonner
Pardonner, c’est guérir la perception de séparation; c’est défaire les erreurs qui semblent se produire dans le rêve; en réalité, il n’est rien arrivé du tout puisque le péché n’est pas réel, pour la simple raison que le Fils de Dieu égaré ne peut usurper la place de son Père, ou l’Effet devenir Cause.
• pensée – penser – système de penser
Les pensées sont l’extension de l’esprit-un, et cette extension est la création aimante du Royaume. Mais si l’esprit est divisé, les pensées projettent des images qui sont perçues comme des formes concrètes et fabriquent le monde que perçoit le rêveur.
Le rêveur pense en images qui représentent symboliquement ses croyances auxquelles il donne une signification en fonction de son projet d’usurpation. Cette organisation mentale est son système de penser qui remplace, dans son esprit divisé, la connaissance immédiate de Dieu, qu’il a refusé en choisissant de se séparer de sa Cause. Ces pensées projetées fabriquent un monde dément et il en perçoit les effets avec lesquels il entre en relation, les croyant extérieurs à lui. Ce système de penser, auquel il est totalement identifié, n’est en fait qu’un moyen de défense contre Dieu et Son Amour. Et c’est cela qui est dément.
• peur
L’émotion que l’ego du rêveur a fabriquée, car Dieu n’a pas créé la peur ; elle n’est donc pas réelle. L’autre émotion est l’amour, créa semblable à Lui-Même.
• principe spirituel – Principe Spirituel
La partie de l’esprit qui est en permanence en contact avec Dieu, dont l’Esprit Saint est le représentant symbolique.
• projection – projeter
Le sens du mot dépasse de loin la signification psychologique habituelle. Pour le cours, la signification du mot projection est littérale: l’esprit divisé projette les images du monde, du corps et de toutes choses, comme une caméra qui projette des images sur un écran ; ces images sont des représentations symboliques d’idées, de pensées ou de croyances qui sont dans l’esprit divisé du rêveur. C’est pourquoi les textes du cours affirment que le rêveur fabrique son monde. Pour comprendre l’apparence matérielle de ces images, prenons l’exemple de la mécanique quantique qui postule que ce qui est observé ou mesuré est affecté (ou transformé) par l’esprit de l’observateur qui le mesure. Le « phénomène de création et d’annihilation » établit que de nouvelles particules apparaissent, causées par le mouvement que font deux protons entrant en collision. Ce faisant, «du mouvement s’est transformé en matière», c’est la «transformation d’une propriété d’objet en objet». L’énergie est devenue matière. En traduisant ce postulat dans un langage moins abstrait on obtient ceci : l’image d’une chose donnée provient d’une idée de cette chose (sa cause), idée qui inclut sa propriété (son effet). Si on transpose ce principe dans le langage de Un Cours en Miracles on obtient ceci: lorsque l’idée-cause est refusée, elle est projetée et sa propriété-effet apparaît comme un objet concret, apparemment indépendant et séparé de sa cause. Cette «transformation» s’effectue par le mouvement, i.e. la projection de la pensée. Ainsi peut-on comprendre que l’esprit du rêveur qui manipule constamment des idées, fabrique ou transforme, par projection, les propriétés d’objets en formes matérielles auxquelles il attribue une fonction qu’il perçoit comme étant en dehors ou séparée de lui. Platon aussi pensait que les idées étaient à l’origine des formes. ( extrait de La vie de l’esprit )
• Que suis-je ?
Ce Cours est la seule réponse qui s’adresse véritablement à la question lancinante que se pose le rêveur et dont il espère que les circonstances de sa vie lui révéleront. Or il s’est trompé d’identité: il se croyait un corps mortel, une personne particulière et autonome, «seul, mais pénard» et plutôt victime que responsable. Il attend que le monde le définisse (nationalité, appartenance culturelle et linguistique, raciale, sociale, familiale, etc.) plutôt que de chercher la réponse à cette question en lui-même.
• Rachat – rachat – racheter
Avec un R majuscule : principe de rectification de la pensée, confié à l’Esprit Saint, qui conduit à la guérison de la perception. Son moyen magistral est le pardon, car celui-cil reconnaît que «rien de réel n’est menacé, car rien d’irréel n’existe».
Dans le monde de l’ego, le rachat, avec un r minuscule, est le remboursement d’une dette, un paiement en échange d’une chose considérée de valeur ; cette valeur est toujours considérée comme une forme de salut. Mais ce que l’ego ne dit pas c’est qu’il n’y a pas de degré dans son intention finale, ainsi offre-t-il au rêveur qui croit en lui le salut par la mort.